Secteur Agricole: Un important pilier de la croissance économique

Le secteur agricole a joué un rôle de premier plan dans la transition des économies des pays comme le Brésil, la Thaïlande, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam qui aujourd’hui sont qualifiés d’émergents.

Depuis 2010, on note  dans la stratégie de développement des pays au Sud du Sahara un regain d’intérêt particulier pour le secteur agricole comme l’un des principaux piliers de relance de la croissance. Cet intérêt est au centre de diverses politiques de développement proposées au niveau de la communauté internationale, dont les institutions de Bretton Woods (Banque Mondiale et FMI), la Banque Africaine de Développement et la coopération bilatérale et multilatérale. En effet, le secteur agricole a joué un rôle de premier plan dans la transition des économies des pays comme le Brésil, la Thaïlande, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam qui aujourd’hui sont qualifiés d’émergents.

Au Cameroun, le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) défini par le gouvernement met un accent particulier sur le secteur agricole comme principal pilier de l’émergence du pays. Le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, a validé et réaffirmé la place du secteur agricole dans le cadre de sa politique des Grandes Réalisations, à travers ses différents discours. L’organisation du comice agropastoral d’Ebolowa en Janvier 2011 a marqué un tournant important, avec le  lancement par le Chef de l’Etat de la « révolution agricole ». Au Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, une stratégie a été mise au point pour traduire la politique du Chef de l’Etat et du gouvernement en actes concrets, à travers ce qui est désormais appelé : « Agriculture de Seconde Génération ».

Secteur agricole, des défis à relever

Le MINADER ambitionne d’accompagner le Cameroun dans son rôle de puissance agricole sous régionale, avec un secteur agricole comme moteur de l’économie nationale, assurant la sécurité alimentaire des populations, soucieux du développement durable, respectueux de l’environnement. Il s’agit en effet, d’une stratégie qui vise essentiellement (i) le développement institutionnel et le renforcement des capacités de l’ensemble des acteurs étatiques et privés ; (ii) l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des filières, (iii) la modernisation des infrastructures du monde rural et des facteurs de production agricole et (iv) la gestion durable des ressources naturelles. Les actions prévues dans le cadre de cette stratégie devraient contribuer de manière significative à la croissance économique du Cameroun, tout en améliorant les revenus des producteurs, ainsi que leurs conditions de vie. Il s’agit également d’attirer davantage les jeunes dans ce secteur, en favorisant la création de nombreux emplois en zone rurale.

Mais au stade actuel, le secteur agricole camerounais fait face à de nombreuses contraintes, dont les principales sont les suivantes : (1) le vieillissement de la population rurale, (2) les difficultés d’accès à la terre, (3) les difficultés d’accès aux intrants (engrais, semences améliorées, etc.) et leurs coûts trop élevés, (4)  les difficultés d’accès aux techniques agricoles modernes et aux autres innovations de la recherche agronomique, (5) les difficultés de commercialisation de la production, (6) l’insuffisance des infrastructures d’appui au développement du secteur rural (routes, magasins de stockages, abattoirs, chaînes de froid etc.) et (7) la grande insuffisance d’accès au crédit et autres financements appropriés.

S’agissant plus spécifiquement des contraintes liées au financement, on note : (i) l’insuffisance des structures de financement et des produits adaptés au secteur rural ; (ii) l’insuffisance d’information sur les possibilités de financement ;(iii) la faible mobilisation de l’épargne rurale; (iv) la faible implication des collectivités locales ; (v) la faible capacité des producteurs à monter des projets bancables.

Solutions

Pour lever ces contraintes, particulièrement celles liées aux difficultés de financement, le MINADER a mis en œuvre une approche qui consiste à apporter des appuis directs aux structures financières de proximité pour le financement des micro et petits entrepreneurs agricoles et des femmes rurales à travers des projets comme le Projet d’Appui au Développement des Etablissements de Microfinance MC2/MUFFA (PAD-MC2/MUFFA), et s’est engagé dans la création de la banque agricole. Cette banque devra dans son mode opératoire, travailler en étroite collaboration avec les structures financières de proximité comme les MC2 pour servir de manière efficace les petits entrepreneurs ruraux.