Projet igname de la FEBO: 1er prix aux PKFokam awards for sciences and technology

Le projet igname a été distingué le 15 juin 2017 comme étant le meilleur dans la catégorie «recherche appliquée and innovations technologique ».

Dans le cadre de sa mission qui vise l’amélioration des conditions de vie des populations défavorisées, notamment rurales et féminines, ADAF, suite à une idée développée par son Secrétaire Exécutif, Dr Justin Bomda, a dans ses activités de développement du secteur agricole, noté que le phénomène de « durcissement » de l’ igname jaune sucrée (juste après la récolte) dans les Régions de l’Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun, créé un manque à gagner important chez les producteurs de cette spéculation, et limite considérablement leurs productions et revenus. Pour y remédier, ADAF a pris attache avec Dr Gabriel Mahbou Somo Toukam, enseignant à l’université de Yaoundé 1, et lui a demandé de constituer une équipe de recherche pour travailler sur ce phénomène. C’est ainsi que le « Projet de recherche sur l’amélioration de l’ igname sucrée vis-à-vis du phénomène de durcissement lors de la conservation » a été conçu, et une équipe de chercheurs a été constituée pour mettre en œuvre le projet en collaboration avec la Ferme Ecole de Boukué (FEBO) à Baham. ADAF, initiatrice de ce projet, le finance depuis 2014, à travers des conventions signées tous les ans avec l’équipe de chercheurs.
L’objectif principal de cette recherche est de développer des variétés d’igname sucrée qui ne durcissent pas après la récolte, et qui sont adaptées aux conditions agro-climatiques des Régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. Au stade actuel des travaux, les résultats sont déjà très intéressants. En effet, durant les trois premières années de mise en œuvre de ce projet, les résultats ci-après ont été obtenus à savoir :
– L’identification des variétés qui ne durcissent pas après plus d’un mois de stockage ;
– La description de la biologie florale de l’igname sucrée avec identification des organes mâles et des organes femelles ;
– La détermination du poids optimal (300 g) des semenceaux d’igname permettant d’obtenir un bon rendement lors de la culture de l’ igname sucrée. ;
– L’obtention des hybrides d’igname sucrée par croisement artificiel ;
– La formation en collaboration avec l’IRAD de plus de 100 paysans à la technique de multiplication des ignames par les mini-fragments ;
– La mise sur pied d’un itinéraire technique de production rapide des semenceaux d’ igname sucrée.
– La publication de 4 articles scientifiques
Les résultats ainsi obtenus dans le cadre du projet, ont été présentés par l’équipe de recherche au PKFokam Awards for sciences & technology, et un jury international, après examen des résultats de ce projet parmi de nombreux autres projets, l’a distingué, en lui attribuant, le 15 juin 2017, le premier prix de la catégorie « meilleure recherche appliquée & innovations technologique ». Prix, remis en personne par Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur du Cameroun qui présidait la cérémonie, et qui était accompagné d’un chèque de 10 millions de FCFA.
Nulle doute que cette distinction galvanisera davantage les chercheurs (Dr Gabriel Mahbou, Chef d’équipe, Christian Siadjeu, Doctorant, Marie Noël Ateko, ingénieur agronome et étudiante en Master) qui ont pour challenge de corriger ce phénomène de durcissement de l’ igname jaune sucrée. Il s’agira pour l’équipe de rechercher même au niveau génétique, les causes de ce phénomène de durcissement, et apporter les améliorations nécessaires pour le bonheur des nombreux producteurs.
Par ailleurs, il convient de signaler que l’équipe de recherche collabore avec d’autres chercheurs, dont le Pr Emmanuel YOUMBI, Chef de Département de Biologie et Physiologie Végétales de l’Université de Yaoundé1 qui travaille de son côté sur la conservation des pollens en vue de la production in vitro des semences d’ igname jaune sucrée de bonne qualité.

Rappel

L’igname sucrée est la plus nutritive et productive de toutes les ignames cultivées. Elle est cultivée pour ses tubercules très prisés par les populations dans la région de l’Ouest et constitue une source de revenus économiques importants pour les familles qui la produisent. Mais, à cause du phénomène de durcissement post-récolte des tubercules, les populations ont tendance à abandonner cette culture. Ce phénomène correspond à un épaississement cellulaire des tubercules au cours de la conservation qui refusent de perdre l’eau. Le projet de recherche en cours à la FEBO a été mis en place dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations défavorisées, en particulier des femmes dans les zones rurales. Ce challenge a été initié en 2013 et les activités à réaliser dans le cadre de ce projet ont été planifiées sur une période de 10 ans.

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Présentation de l’équipe de recherche du projet igname

 

Phot de remise officielle du rpix à l'équipe de recherche
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Dr. Mahbou Somo Toukam Gabriel, Chargé de Cours à l’université de Yaoundé 1.
C’est le responsable de l’équipe des chercheurs du projet. Il a étudié la faisabilité technique du projet, défini le chronogramme des activités à réaliser : évaluation des ressources génétiques, plan de sélection, choix des géniteurs ou parents de croisement. Il a également planifié les activités à réaliser sous la forme des projets de thèses de Doctorat et de Master.

 

 

Photo de Christian Siadjeu dans une plantation
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Christian Siadjeu, Doctorant à l’université de Yaoundé 1 et l’université Carl von Ossietzky d’Oldenburg d’Allemagne
Il a mis en œuvre la première partie du projet correspondant à une thèse de Doctorat sous le titre « bases génétiques de l’amélioration de l’igname sucrée contre le phénomène du durcissement post récolte des tubercules ». Pour ce, il a notamment : (i) étudié la diversité génétique des ignames sucrées cultivées au Cameroun ; (ii) mis au point en collaboration avec l’IMPM une méthode de mesure du durcissement post-récolte des tubercules afin de trouver les variétés d’igname sucrée qui ne durcissent pas; (iii) étudié la biologie florale de l’igname sucrée ; (iv) déterminé le poids optimal des tubercules à semer permettant d’obtenir un bon rendement. Il poursuit la recherche en Allemagne à l’université Carl von Ossietzky d’Oldenburg, où il prépare un doctorat sur le thème : “Molecular breeding of Trifoliate yam (Dioscorea dumetorum (Kunth) Pax) againts post-harvest hardening phenomenon of tubers’’.

 

 

Marie Noël Ateko Tiokeng, Etudiante (Master) à l’université de Yaoundé 1.
Elle est chargée de la mise en œuvre de la deuxième partie du projet (amélioration variétale proprement dite correspondant à une thèse de Doctorat). Elle s’appesantit sur le plan de sélection, les croisements, le sauvetage d’embryons et la levée des contraintes agronomiques liées à l’acidité du sol. Elle a soutenu le 25 juillet 2017 son mémoire en vue de l’obtention du diplôme d’ingénieur agronome, sur le thème : « effet de la fertilisation chimique, biologique et organique sur la croissance, le rendement et le goût de l’igname jaune sucrée (Dioscorea dumetorum) sur un oxysol des haut plateaux de l’ouest Cameroun », avec mention très bien.