Microfinance, des effets tangibles pour l’approche du modèle MC2

Les structures du Modèle MC² ont connu entre 2015 et 2016, une croissance significative de leurs activités

Au courant des deux décennies précédentes, la microfinance s’est révélée comme un outil efficace en matière de lutte contre la pauvreté grâce à son apport substantiel à l’émancipation financière des pauvres. Elle est aujourd’hui présentée comme un précieux outil d’inclusion financière et économique, de réduction de la pauvreté et des inégalités, de bancarisation et de renforcement du tissu économique. Elle permet notamment d’inclure dans le système financier, une grande majorité de cette population qui ne dispose pas d’un compte en banque, particulièrement les couches de populations qui n’ont pas accès aux services financiers formels, d’où la place de choix que la microfinance occupe dans les stratégies de développement aussi bien au niveau national qu’international. Les NTIC avec leurs nombreuses innovations permettent aujourd’hui d’accroître de plus en plus l’impact de la microfinance et le taux de bancarisation. Bien que les résultats en matière d’inclusion financière soient impressionnants, avec l’implication de divers acteurs dont les sociétés de téléphonie mobile, l’on devrait faire attention et éviter que les pauvres demain ne soient pas seulement des « numéros de téléphone », des « numéros de compte », bref, qu’ils ne soient pas tout simplement des « produits » à vendre au système capitaliste mondial, et soient après leurs pays, aussi enchainés au système d’endettement et d’exploitation mondial. Nous pensons que les innovations technologiques sont importantes et peuvent permettre d’améliorer de manière significative les conditions de vie des populations exclues et le développement de leurs communautés. Cependant, il convient de noter que ce développement ne peut être efficace et durable que s’il a un ancrage local et est conçu de manière endogène.

C’est dans cette mouvance que se situe le modèle MC², qui stipule que la Victoire sur la Pauvreté (VP) est possible si les Moyens (M) et les Compétences (C) de la Communauté (C) sont mis ensemble. D’où VP = MxCxC = MC². Ce modèle est expérimenté depuis 1992 au Cameroun et produit des résultats appréciés dans diverses communautés par la communauté nationale et internationale.

Une illustration de l’impact du modèle MC² pour un développement endogène est appréciable à travers toutes ces MC² (Njombé, Foto, Niété, Bafia, Batouri, etc.) qui dans leurs localités respectives ont soit construit des salles de classe, des points d’eau, soit équipé des hôpitaux, des établissements scolaires, soit doté  les paysans en intrants et/ou matériels agricoles, etc. aussi, la majorité de ces structures ont leurs propres locaux à l’instar de la MC² de Loum (pour ne prendre que ce cas) qui a inauguré son immeuble siège le 15 juillet 2017, immeuble construit entièrement sur fonds propres, fruit des efforts des membres. Aussi, les statistiques et résultats consolidés des 116 structures du modèle MC² opérationnelles au 31 décembre 2016, laissent voir une constance dans la croissance et un impact de plus en plus visible.

Parlant justement des performances, les établissements de microfinance MC² et MUFFA  ont connu entre 2015 et 2016, une croissance significative de leurs activités. Au 31/12/2016, le nombre d’unités opérationnelles est de 116 contre 110 en 2015, et le nombre de personnes touchées est estimé à plus de 1,2 million, soit une hausse de 9% par rapport à 2015. Sur la même période, les statistiques  financières cumulées montrent que le capital est passé de 5,2 milliards FCFA à 5,6 milliards FCFA, soit une croissance de 7,7% ; les fonds patrimoniaux nets du réseau sont passés de 9,2 milliards FCFA à 9,4 milliards FCFA. Les dépôts ont augmenté de 4% passant de 42,5 milliards FCFA à 44,2 milliards FCFA, pour un encours de crédit de 18,4 milliards FCFA, en augmentation de 7,1%. Le total de bilan est passé de 53,8 milliards FCFA à 56,2 milliards FCFA, soit un accroissement de 4,4%.

Ces chiffres donnent une idée sur la performance des structures du modèle MC² avec des acquis qu’il faut consolider. Perspective dont les jalons ont déjà été posés. En effet, c’est dans ce sens que l’AMC² a organisé entre le 6 juin et le 04 juillet 2017, une tournée régionale à l’effet de permettre aux principaux dirigeants des structures du modèle MC², d’évaluer le chemin parcouru afin de corriger les insuffisances et partager les expériences. Aussi, le périple qui s’est fait en 5 étapes (Bamenda, Bafoussam, Nkongsamba, Yaoundé, Garoua) a été également une occasion de scruter les mutations en vue dans le secteur pour cerner les enjeux.