ODD: Permettront-ils l’éradication de la pauvreté ?

Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés le 25/09/2015 par les Nations Unies pour la période 2016-2030 viennent après les OMD de la période 2000 – 2015, dont le bilan reste mitigé.

Il y a un peu plus d’un an, le 25 septembre 2015 lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, la planète s’est dotée d’une nouvelle feuille de route pour le développement. Celle-ci se décline en 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) pour la période 2016-2030 afin d’essayer de construire le futur des 8,5 milliards d’habitants attendus sur la terre. Le but visé par les Nations Unies est de mettre fin à la pauvreté d’ici 2030 et de transformer les vies tout en préservant la planète. Ces Objectifs de Développement Durable viennent après les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) de la période 2000 – 2015, dont le bilan reste mitigé. Les progrès réalisés dans le cadre des OMD, notamment avec la réduction de moitié du nombre d’enfants non scolarisés et en âge scolaire, la diminution de plus de la moitié de l’extrême pauvreté (de 1,9 milliards de personnes à 836 millions en 2015), ou encore dans la lutte contre la faim et la malnutrition, sont essentiellement dus à l’impact des résultats atteints par l’Asie de l’Est et particulièrement en Chine (1,4 milliards d’habitants) qui a connu des taux de croissance économique de l’ordre de 14% en 2007 et 7% récemment en 2014, et a décidé d’assurer un socle de protection social pour sa population. Le Secrétaire Général des Nations Unies lui-même note que les progrès ont été inégaux, que de fortes inégalités persistent, que plusieurs objectifs n’ont pas été atteints, et que l’on est encore bien loin de l’éradication de la pauvreté dans le monde.

La question que nous nous posons ici est celle de savoir si les 17 Objectifs de Développement Durable seront atteints, vu les résultats assez mitigés des OMD. Par ailleurs, plusieurs spécialistes du développement jugent le nombre de ces objectifs trop important ; ce qui augmente le risque de dilution des priorités. Egalement, les besoins financiers pour atteindre ces objectifs sont estimés à des dizaines de milliers de milliards de dollars US, tandis qu’en 2015, l’aide publique au développement au niveau mondial n’était que de 131,6 milliards de dollars US, et a même tendance à stagner, voire à reculer. Il convient aussi de signaler que ces objectifs ne sont pas prescriptifs et que les pays peuvent, ou pas, mener les politiques pour les atteindre.

L’exemple de la Chine nous montre que ce sont des taux de croissance économique élevés et sur une longue période qui ont permis, grâce ainsi à la création de richesses, de sortir sa population de la pauvreté. Malheureusement, juste quelques-uns des 17 ODD auront un impact direct sur la création des richesses. Or, les expériences de développement et de lutte contre la pauvreté en Amérique, en Asie, en  Europe et en Afrique accumulées au fil des siècles, montrent clairement que pour lutter contre la pauvreté de manière efficace et durable, il faut créer un environnement favorable, encourager les initiatives privées, et donner au pauvre les outils qui lui permettent de créer de la richesse. C’est dans cette logique que s’inscrit le modèle MC², mis en œuvre au Cameroun depuis 1992, et qui aujourd’hui s’étant dans plusieurs autres pays africains. Ce modèle, à la lumière de ses performances, est tout indiqué pour permettre d’atteindre le premier objectif des ODD : « Mettre fin à la pauvreté, sous toutes ses formes, partout (cible 1.4 « D’ici à 2030, … accès pour tous à des services financiers adéquats, y compris la microfinance). »