Les effets du projet PAD-MC²/MUFFA

PAD-MC2/MUFFA : Des effets tangibles

Les différentes statistiques et autres indicateurs sont assez évocateurs des résultats et des effets enregistrés par le Projet d’Appui aux Etablissements de Microfinance de Développement MC2/MUFFA sur la période 2006 à 2016.

A la lumière des inventaires et autres renseignements tirés de diverses enquêtes menées auprès des bénéficiaires, c’est un impact très positif que revendique le projet sur ses cibles, impact appréciable à plusieurs niveaux avec des indicateurs et des chiffres on ne peut plus évocateurs.

Sur le total de la dotation budgétaire de 4,072 milliards FCFA déjà mis à la disposition du projet entre 2006 et 2016, 2,240 milliards FCFA (soit 55%) représentent la subvention en capital à 106 M2 et MUFFA dans les 10 régions du pays pour l’octroi de crédits agropastoraux aux ruraux. Le taux d’utilisation de cette ligne de financement est de 407,0% par effet revolving (soit 9,11 milliards de FCFA de crédits accordés). De manière globale, la part cumulée des crédits accordés par les M2 et MUFFA au secteur agropastoral est passée de 2,51 milliards FCFA au début du projet à 31,62 milliards FCFA au 31 décembre 2016. Le cumul du volume de crédit accordé de manière générale (depuis 1992 date de la création de la première M2) est ainsi passé de 16,51 milliards FCFA en début 2006 à 184,97 milliards FCFA à la fin décembre 2016. Il faut également signaler que le taux d’intérêt sur les crédits au secteur agropastoral pratiqué par les M2 et MUFFA varie entre 8% et 12% par an (l’un des plus bas dans le secteur). Ces taux d’intérêt sont inférieurs aux taux pratiqués sur les autres crédits dont la moyenne est de 15% l’an.

Extension du réseau

Au 31 décembre 2016, le projet a contribué à la création de 59 nouvelles M2 (dont 55 déjà opérationnelles et 04 autres ont déjà tenu leurs assemblées générales constitutives respectives et attendent juste les agréments du MINFI pour ouvrir leurs portes), portant le nombre total de guichets opérationnels sur la période du projet de 61 à 116 dans les 10 régions du pays, et particulièrement les zones rurales. Près d’une quinzaine d’autres projets de création de M2 et de guichets MUFFA sont en cours. Au 31 décembre 2016, les 116 guichets opérationnels comptent 222.050 membres (dont 29% de femmes, 57% d’hommes et 14%  de groupes/associations/coopératives) contre 68.687 membres pour 61 guichets au lancement du projet, soit un écart de 153.363 membres, et un taux de croissance moyen annuel de 22,32%. Le nombre de personnes touchées directement et indirectement à travers groupes et associations est estimé à 1.227.155 à fin décembre 2016 contre 387.922 au début du projet. Les femmes constituant la grande majorité des membres des groupes et associations, le nombre de femmes touchées par les M2 et MUFFA est bien plus important que les 29% directement touchés.

Equipements et autres appuis divers

Les appuis du projet se sont également faits à travers des donations en équipements informatiques à 76 M2/MUFFA et ADAF (169 ordinateurs, 21 serveurs, 114 imprimantes, 187 onduleurs et divers accessoires de câblage) leur permettant d’automatiser leurs opérations, d’améliorer très significativement la qualité des services aux membres, et de réduire les risques d’erreurs et de fraudes. Il y a également eu la donation de 70 motos au bénéfice des M2 (65), ADAF (1) et Organisations paysannes (4), et 2 véhicules à l’Unité de Gestion du Projet pour un suivi plus efficace des projets des membres sur le terrain et des activités du projet. La donation de 28 coffres forts aux M2 qui permet une meilleure sécurisation des dépôts des membres, 16 générateurs électriques aux unités pour alléger les problèmes de coupures électriques très fréquentes en zone rurale. L’appui du projet s’est également fait en terme de formation et on dénombre plus de 888 élus et agents formés, qui gèrent aujourd’hui mieux leurs institutions, et financent davantage et efficacement les projets agricoles. Le projet a également soutenu les activités de l’AMC2 (Association des M2 et MUFFA) en lui octroyant des équipements (ordinateurs, imprimante, scanner, copieur, vidéoprojecteur, coffre-fort, mobiliers de bureau, etc.) et une subvention globale de 112 235 000 FCFA qui lui a permis entre autres de: renforcer la cohésion interne des M2 et MUFFA ; Créer et mettre en place un fonds dénommé « Fonds de Solidarité AMC2 (FS-AMC2) » destiné à soutenir les M2 et MUFFA en difficulté ; Organiser des voyages d’études et d’échanges d’expériences, Elaborer le code d’éthique des administrateurs ; Organiser les Assemblée Générale Ordinaire (6 au total) et plusieurs sessions de son Conseil d’Administration ; Former et renforcer les capacités des élus et du personnel de ses structures membres ; Gérer les archives des M2 et MUFFA ; Louer, aménager et équiper un bureau pour héberger les services.

Performances financières

Entre 2006 et décembre 2016, les institutions du modèle MC2 ont réalisé de bonnes performances financières. En effet, le total de parts sociales (capital) de ces institutions (entièrement détenues par les membres) est passé de 1,84 milliards FCFA à 5,65 milliards FCFA (soit un taux moyen annuel de croissance de 20,70%), les fonds propres nets sont passés de 2,52 milliards de FCFA à 9,57 milliards FCFA (soit un taux moyen annuel de croissance de 27,97%), le total des dépôts est passé de 10,68 milliards FCFA à 44,24 milliards FCFA (soit un taux moyen annuel de croissance de 31,42%), l’encours brut de crédit est passé de 3,94 milliards FCFA à 18,40 milliards FCFA (soit un taux moyen annuel de croissance de 36,70%), et le total de bilan est passé de 12,86 milliards FCFA à 56,61 milliards FCFA (soit un taux moyen annuel de croissance de 34,02%). Les principales normes prudentielles sont respectées par la grande majorité des institutions. Pour le réseau, le ratio de couverture des risques est de 54,6% (norme : ≥ 10%), le ratio de liquidité est de 210,9% (norme : ≥ 100%), le ratio de couverture des immobilisations est de 127,9% (norme : ≥ 100%), le taux de couverture de créances difficiles par les provisions est de 100,4% (norme : 100%).

Les bénéficiaires finaux

Les 222.050 membres directs (dont 29% de femmes et 31.255 groupes, associations et coopératives) des 116 unités MC2 et MUFFA opérationnelles au 31 décembre 2016 sont de par leur statut de mutualistes devenus propriétaires d’institutions financières. Ils assurent la gestion de manière efficace de leurs institutions respectives grâce aux différentes formations reçues dans divers domaines dont les techniques bancaires, l’analyse et le financement de projets agropastoraux, et ont accès aux services financiers et non financiers offerts (épargne, crédit, transfert rapide d’argent, divers autres services bancaires et d’assurance, et un accès croissant et important aux inputs et équipement agropastoraux). De ces populations réparties dans les dix Régions du Pays et constituées en grande partie de ruraux et de défavorisés, 47.698 producteurs (dont un peu plus de 52% de femmes) du domaine agropastoral ont bénéficié directement de crédits octroyés pour un montant global de 9,11 milliards de FCFA sur ressources PAD-MC2/MUFFA par effet revolving, et les projets ainsi financés ont pu générer de nombreux emplois. On note chez ces producteurs une utilisation plus accrue des inputs et équipements agricoles, un accroissement des superficies cultivées et une intensification de la production, ce qui permet d’accroître leurs revenus et de contribuer ainsi à l’amélioration de leurs conditions de vie. De très nombreux agriculteurs ont bénéficié dans le cadre du projet de l’éducation financière et de la formation dans la gestion de leurs exploitations. Le concept de « Farming Business School » développé par le GIZ a été utilisé dans ce cadre, et la Ferme Ecole de Boukue (FEBO) dans l’Ouest Cameroun a joué un rôle important dans la conduite de ces formations. On note également la promotion de 8 coopératives de producteurs par les MC2, et leur accompagnement par le projet permet d’accroître le volume de financement aux très petits producteurs, de réduire les coûts des transactions, et de mieux gérer les risques dans les opérations de crédits agricoles. Il y a eu également la création et la préservation de très nombreux emplois tant au niveau de l’Unité de Gestion du Projet (7), des nouvelles MC2/MUFFA créées (245 emplois directs), que des divers projets financés.