Gestion du projet PAD-MC²/MUFFA

Le projet PAD-MC²/MUFFA est exécuté dans le cadre d’une convention signée entre le MINADER et l’organisation ADAF (Appropriate Development for Africa Foundation), où est logée l’Unité de Gestion (UG) du projet qui est appuyé techniquement sur le terrain par ADAF. Les activités menées se font sous la supervision du Comité de Pilotage du projet, présidé depuis 2016 par Monsieur le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural.

Les bénéficiaires du projet sont les populations et petits producteurs ruraux, particulièrement les couches de populations défavorisées des zones couvertes par les MC² et MUFFA répartis sur l’ensemble du territoire national camerounais, le projet couvrant l’ensemble des 10 régions du Cameroun.

Pour son exécution, les ressources PPTE et bien d’autres (notamment des apports importants des populations bénéficiaires et des autres partenaires) ont été mobilisées. Entre 2006 et 2010, le projet a été exécuté sur financement des fonds de l’initiative PPTE et depuis 2011, l’exécution du projet se fait grâce au Budget d’Investissement Public du MINADER, traduisant ainsi dans les faits, la volonté du gouvernement camerounais d’alléger la pauvreté rurale et d’améliorer les conditions de vie des ruraux.

Une gestion aux procédures spécifiques

Depuis son lancement en mars 2006,  le projet a reçu au 31 décembre 2016, une allocation totale de 4,072 milliards FCFA à travers des subventions en capital, en matériels et en fournitures diverses et renforcement des capacités des acteurs. La gestion de ces fonds obéit à des procédures bien définies qui garantissent une utilisation efficiente des ressources, gage de succès pour le projet.

Subventions en capital :

Sur le total d’allocation budgétaire, 2,240 milliards représentent les subventions en capital aux MC² et MUFFA. Ce sont des lignes de crédit destinées à financer les activités des membres dans les filières agropastorales.

Les MC² et MUFFA bénéficiaires de cette subvention gèrent les fonds conformément aux dispositions prévues dans le contrat de bonne utilisation des ressources PPTE signé avec le MINADER. Elles doivent travailler en collaboration avec les services décentralisés du MINADER (Délégués, chefs de poste agricole, AVZ…). Chaque unité bénéficiaire produit un rapport d’utilisation et l’envoie à ADAF (Unité de Gestion du Projet) à la fin de chaque mois. Le financement des projets des membres à travers le crédit s’intègre dans le même processus de gestion des crédits en vigueur dans les MC² et MUFFA, avec les spécificités suivantes.

Conditions à respecter dans l’octroi des crédits aux membres :

  1. L’enveloppe globale (droit de tirage) : Le droit de tirage est le montant global de la ligne de crédit non encore affecté aux activités de crédit. Il est déterminé en faisant une soustraction entre le montant de la subvention en capital reçue et le montant total des crédits encours (non encore remboursés).
  2. Le taux de remboursement. Afin d’assurer une bonne gestion des fonds, le taux de remboursement global doit se situer au moins à 90%. La violation de ce niveau entraîne ipso facto l’interdiction de consentir de nouveaux prêts jusqu’à ce que la MC² retrouve un niveau recommandé.
  3. La cible : La cible est constituée des agriculteurs, éleveurs, pêcheurs membres de la MC² avec un accent particulier sur les couches défavorisées (femmes, jeunes, etc.). De même que les petits agriculteurs, éleveurs et pêcheurs regroupés autour des associations, GIC et autres organisations paysannes.
  4. La durée du crédit et le taux d’intérêt : La durée du crédit est de 12 mois maximum et le taux d’intérêt est plafonné à 12% par an. Toutefois, les durées peuvent être revues à la hausse en fonction des projets, mais ne devraient pas dépasser 24 mois.
  5. Les garanties : Les garanties sont les mêmes que celles en vigueur dans les MC² et MUFFA. Toutefois, des dispositions particulières devront être examinées et mises en œuvre pour faciliter l’accès des couches très défavorisées aux crédits. Il s’agit par exemple des cautions solidaires des groupes.
  6. Le montant du crédit : Il est fonction du projet à financer avec une priorité sur les projets de montants inférieurs ou égal à 1 000 000 FCFA. Pour les projets de groupes, associations ou coopératives, les montants de crédits peuvent être revus à la hausse.
  7. Les conditions d’accès au crédit : Elles sont celles généralement appliquées dans la MC² ou la MUFFA. Toutefois, les spécificités des filières agropastorales et pêches devraient être prises en compte. L’emprunteur doit être de bonne moralité et membre de droit de la mutuelle. S’il s’agit des projets, l’emprunteur doit assurer un apport personnel d’au moins 20% (espèces/ nature). Quelle que soit la nature du crédit, le recueil des avals est obligatoire et constitue un préalable au déblocage effectif des fonds;
  8. La décision d’octroi du crédit. Le Conseil d’Administration est l’organe de décision en matière de crédit. Il examine les demandes après analyse par l’Unit Manager et les autres agents de la MC² et MUFFA. Le principe de collégialité est de rigueur. Les décisions sont prises à la majorité simple des voix et consignées dans un Procès-Verbal signé par tous les participants au comité. Toutefois, pour réduire le temps dans l’octroi des crédits, les Conseils d’Administration des MC² et MUFFA peuvent mettre sur pied des Comités de crédit restreints pour un examen et déblocage rapide de crédit. Par ailleurs, il est recommandé aux MC² et MUFFA de se faire assister par des spécialistes des domaines agricoles et d’élevage. Les appuis des services décentralisés du MINADER et du MINEPIA pourront être sollicités.
  9. Le suivi : Pour permettre un suivi particulier des crédits octroyés dans le cadre du PAD-MC²/MUFFA, et les distinguer des crédits classiques de la MC² ou de la MUFFA, les documents suivants doivent être mis en place ou produits mensuellement : un registre qui servira à enregistrer tous les crédits financés sur les ressources mises à disposition par le projet ; un état mensuel détaillé de la situation du portefeuille de ces crédits; et une fiche statistique du projet PAD-MC²/MUFFA.

Subventions en matériels ou subvention d’équipement

En plus des subventions en capital, les MC² et MUFFA bénéficient des subventions en équipements et matériels divers. Ce sont les coffres forts, les matériels informatiques, les motos, les générateurs électriques, les constructions, les aménagements des locaux, etc. Les responsables de la MC² ou MUFFA doivent enregistrer les équipements dès leur réception dans des registres prévus à cet effet et en faire bon usage uniquement dans le cadre des activités de leurs structures.

Subventions en fournitures ou subvention d’exploitation

Les MC² et MUFFA bénéficient des subventions en fournitures diverses. Ce sont des papiers listing, des imprimés comptables, etc. L’enregistrement doit se faire comme précédemment.

Renforcement des capacités

Les élus et le personnel des MC² et MUFFA ainsi que le personnel des structures d’encadrement (ADAF, AMC²) sont régulièrement formés à l’effet de renforcer leurs capacités dans différents domaines pour une meilleure gestion des institutions. Les membres bénéficient également dans le cadre du projet de l’éducation financière et de la formation dans la gestion de leurs exploitations ou projets. Des études sont menées et mises à la disposition des unités, avec une abondante documentation (fiches techniques sur les spéculations et les filières).